25 ans après la suppression du service national militaire : Quel est l’avenir reservé au nouveau service national universel ?

Jacques Chirac, alors Président de la République, affirme le 22 février 1996 que le service national militaire vit ses derniers instants. La loi promulguée le 28 octobre 1997 réforme le service national militaire. Suite à cette dernière, les jeunes n’ont plus à effectuer leur service militaire. Mais, la loi instaure la mise en place d’un processus nouveau. En effet, un recensement et une journée d’appel de préparation à la défense sont désormais obligatoires. Depuis 2011, nous parlons de la « Journée Défense et Citoyenneté ».

Un élément de débat politique

Lors des élections présidentielles de 2017, le candidat Emmanuel Macron promet de rétablir un « service militaire universel ». Ce dernier serait obligatoire et d’une durée d’un mois. À vrai dire, avant même les élections présidentielles de 2017, le service militaire est un sujet qui fait un retour en force en politique. En effet, suite aux attentats terroristes de 2015, nombreux sont ceux qui se posent la question : faut-il rétablir le service militaire en France ?

Le service militaire est un moyen certain d’assurer la cohésion nationale. Également, il s’agit, sans nul doute, d’une mesure formatrice et professionnalisante. Aussi, c’est une mesure plébiscitée par les français. En effet, selon un sondage réalisé au lendemain des élections présidentielles de 2017, 74% des français sont favorables au retour du service militaire. Mais, ce dernier représente également un coût financier important s’élevant à plusieurs milliards d’euros. Certains experts affirment même qu’il s’agit d’une mesure inutile pour la défense nationale. L’encadrement de la jeunesse ainsi que la volonté d’assurer la mixité sociale sont-elles réellement les missions de l’armée ?

Face au débat politique et à la promesse qui est la sienne depuis les élections présidentielles de 2017, le Président Macron ne tarde pas à se positionner sur la question. C’est en ce sens, que se met en place en 2019 le Service National Universel. Ce dernier vise à proposer, selon le Gouvernement, « un moment de cohésion visant à recréer le socle d’un creuset républicain et transmettre le goût de l’engagement». Mais également,  « à impliquer la jeunesse française dans la vie de la Nation ». En somme, la volonté est celle d’une promotion de la notion d’engagement. Cette dernière visant à favoriser un sentiment d’unité nationale autour de valeurs communes.

Le concept

Le Service National Universel s’organise en deux phases. Une première phase de cohésion obligatoire, d’une durée d’un mois, à l’âge de seize ans environs. Puis une seconde, facultative, à réaliser avant l’âge de vingt-cinq ans. Celle-ci pour une période de trois à douze mois. Cette seconde phase s’adressant à  « ceux qui ont envie de s’engager davantage encore ».

Aujourd’hui, aucune base légale et constitutionnelle ne peut avérer le caractère obligatoire du Service National Universel. Une phase de préfiguration est lancée le 16 juin 2019. Cette dernière repose sur la base du volontariat. Environs 2000 jeunes sont volontaires dans treize départements différents. Suite au stage de cohésion de deux semaines, 94% de ces deniers sont conquis par le Service National Universel.

En 2019, le secrétaire d’État en charge de la Jeunesse, Gabriel Attal visait une généralisation du SNU. Il affirme en effet, que le Gouvernement souhaite généraliser le Service National Universel à tous les jeunes de seize ans d’ici 2024. Un caractère obligatoire est alors évoqué. Le Gouvernement envisage en ce sens « une loi pour préciser les sanctions en cas de non-respect de son obligation, de règles liées la vie dans les centres, de principes importants de laïcité ou autre ».

Des critiques variées

Mais dès son commencement, le Service National Universel est très critiqué. «Mascarade patriotique», «embrigadement militariste» ou «côté nord-Coréen». Telles sont les critiques adressées au Service National Universel. Le journaliste Claude Askolovitch dénonce une bizarrerie. Selon lui, le SNU « singe les rites de l’armée sans en prendre les risques et les vertus». Mélanie Luce, présidente de l’Union nationale des étudiants de France, affirme que les images de la phase de préfiguration confirment ses craintes. Orlane François, présidente de la Fédération des Associations Générales Étudiantes, déplore le fait que le SNU ne réponde pas aux objectifs prédéfinis. Selon cette dernière, le Service National Universel n’est pas un dispositif adapté.

Face aux nombreuses critiques, Gabriel Attal prend la parole. Il estime « qu’il ne faut pas confondre militarisme et patriotisme». Alors que des critiques sont adressées au chant de la Marseillaise ainsi qu’à des exercices militaires basiques tels que la marche au pas. Le secrétaire d’État en charge de la Jeunesse affirme : « Le drapeau et la Marseillaise sont des éléments de la République qui rassemblent les français bien au-delà des armées et de la Défense ».

Christophe Paris est le directeur général de l’Association de la fondation étudiante pour la ville. Cette dernière est partenaire du Gouvernement pour la mise en place du SNU. Christophe Paris rappelle qu’il s’agit d’une « première phase pilote ». Ce dernier, dans une démarche d’apaisement face aux nombreuses critiques, annonce que d’ici son élargissement, le SNU sera évalué par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation.

En définitive, le service militaire, la Journée Défense et Citoyenneté, ou le Service National Universel ont un caractère commun. Tous apparaissent comme des éléments de réponse à une volonté réelle des jeunes français : assurer la cohésion nationale et répondre à leur soif d’engagement. Celle-ci est illustrée depuis les attentats terroristes de 2015, par le nombre croissant de membres de la réserve opérationnelle par exemple. En somme, bien que des mécanismes effectifs soient mis en place par le Gouvernement, les réponses apportées ne semble pas conquérir pleinement les français.

Florine MEDICI

Membre des Jeunes IHEDN