Visite du Pape François en Irak : Un voyage au nom de la paix

Le Pape François réalisait du 5 au 8 mars dernier une visite historique en Irak. Avant même son arrivée, le pape s’est annoncé comme un « pèlerin de la paix » . En effet, la volonté fut celle de délivrer un message de fraternité au peuple irakien meurtri par des décennies de guerres.

Tandis que le Pape Jean-Paul II dut renoncer à sa venue en Irak en 2000. La visite du Pape François fut la première d’un souverain pontife dans le pays.

Ce voyage organisé en cinq étapes distinctes traduit l’importance du dialogue interreligieux. En ce sens, les différents représentants de la mosaïque religieuse du pays se sont réunis à Ur. Symbole de fraternité, Ur est la ville natale du patriarche Abraham. Ce dernier est un personnage commun aux trois religions monothéistes. Par la suite une rencontre a lieu entre le Pape et le chef chiite irakien Ali al Sistani. Celui-ci s’engage alors à « garantir la paix » et « la sécurité et tous les droits constitutionnels des chrétiens ».

Parce que la volonté du Pape François de faire taire les armes, de renoncer au terrorisme et à l’instrumentalisation de la religion est partagée. Moustafa Al-Kazimi, premier ministre irakien, décrète, le 6 mars comme « une journée nationale de la tolérance et de la coexistence ».

Le Père Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient affirme : «Ce premier contact avec les autorités suprêmes chiites déboucheront sûrement sur d’autres rencontres à Rome». La multiplicité des contacts mènera t-elle à la signature d’un document sur la fraternité humaine ? Nombreux sont ceux qui se réjouissent de cette visite et espèrent un effet d’entrainement de celle-ci.

Le pape célèbre une messe le dimanche 7 mars à Erbil au stade Franso Hariri, dévasté par la guerre contre l’État Islamique. C’est ainsi que s’achèvera sa visite en Irak. Il affirmera premièrement que l’Irak restera toujours avec lui, dans son coeur. Pour, deuxièmement, clamer : «J’ai entendu des voix de douleur et d’angoisse, mais aussi des voix d’espérance et de consolation».

Il est certain que les incertitudes demeurent suite à cette visite historique. Les problèmes d’ordres politiques, économiques et sécuritaires restent une réalité. Mais, le Père Gollnisch affirme : « A ce jour, je crois que les Irakiens ont pris conscience que leur pays mérite mieux ». Dix ans après le début des printemps arabes, cette visite traduit l’ébauche d’un chemin pour la paix. Les années à venir montreront comment les partisans de la paix se saisiront du message.

Florine MEDICI

Membre de Jeunes IHEDN