[#NOTE DE LECTURE] « Paroles d’espions », mais qui sont les guerriers de l’ombre de la DGSE ?

Jean-Christophe Notin, auteur de nombreux ouvrages sur les guerres menées par la France, de la seconde guerre mondiale aux conflits récents en Afghanistan ou au Mali, publie en 2017 l’ouvrage « Les guerriers de l’ombre » dans lequel il donne la parole aux agents clandestins de la DGSE. Ils parlent pour la première fois. 

Tous les agents au service de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure ne sont pas tous des clandestins. Ces derniers font partie d’un service spécifique : le service clandestin. Ils évoluent dans le secret le plus total. La légende et la couverture apparaissent comme des éléments clés au maintien du secret en toutes circonstances, optimisant la crédibilité de l’agent. La légende est une nouvelle vie pour l’agent : nouvelle identité, nouvelle famille, nouvelles études, nouveau passé professionnel. Quant à la couverture, il s’agit d’un métier que l’agent est capable d’exercer parfaitement.

La dualité du travail de clandestin est celle d’apparaître d’une part aux yeux de tous comme une personne lambda qui n’attise pas la curiosité. Mais d’autre part, sont nécessaires de réelles qualités de résistance et d’adaptabilité qui font d’eux des personnes hors du commun. Physiquement comme mentalement il s’agit de savoir trouver les clés pour faire face à l’adversité. 

« James Bond est un très mauvais agent clandestin »

L’idée d’un espion tel que ce dernier est à bannir. Le profil du parfait espion n’existe pas. Les profils sont multiples, des hommes et des femmes de tous horizons. En effet, leservice clandestin compte aussi des femmes parmi ses membres. Sandra, ancien officier du service clandestin affirme que les femmes de l’ombre apparaissent comme des éléments clé à l’obtention de renseignements puisque « une femme ressemble moins à l’idée qu’on se fait d’un espion ». 

Ceux et celles qui ont fait le choix du secret en intégrant la DGSE ont un en commun, la modestie, l’humilité et le calme. L’un d’entre eux, ancien officier du service clandestin affirme : « Le message à faire passer est simple : on sert l’État comme plein de gens servent l’État en France ». 

Le constat est celui d’hommes et de femmes qui ont fait le choix de dédier leur vie à la France, pour une période au moins, sans rechercher aucune marque de gratitude. 

Florine MEDICI
Membre des Jeunes IHEDN