Lettre du Président

Chers amis,

Les événements qui frappent notre pays ont suivi de peu la fin de la SR219 qui aurait dû se tenir au printemps. J’y reviendrai après un court compte rendu de cette formation.

Tout d’abord je vous espère toutes et tous en bonne santé.

Si nos manifestations sont réduites à très peu, c’est qu’il nous faut chacun se protéger afin de se protéger mutuellement. Les consignes que nous recevons sont respectées. Le Cercle Bellecour est fermé etc. et pour quelques temps encore il ne sera pas possible d’y organiser les tables d’hôtes et les conférences, manifestations particulièrement appréciées.

La rentrée s’est faite, mais hélas, sans la traditionnelle « Rentrée solennelle ». Néanmoins deux CODIR ont pu se tenir. La nouvelle équipe est en place et chacun connait désormais ses attributions. Ce fut l’occasion de confier des responsabilités aux « Ihedn Jeunes » et par conséquent de procéder à des transferts de compétences ce qui prend du temps. Je remercie les sortants et les entrants au CoDir ; les premiers pour ce qu’ils ont apporté et les seconds pour leur dynamisme, leur motivation, les talents nouveaux qu’ils représentent et ce qu’ils feront pour rénover notre association afin qu’elle soit toujours en lien avec ce qu’il se fait de plus performant sans exagération, et sans oublier – et c’est de plus en plus important- la communication par des voies et moyens nouveaux, en particulier les visioconférences, les blogs de discussion etc.

La 219ème Session Régionale a pu se dérouler normalement mais avec quelques modifications de dernière minute (notamment pour les visites prévues et annulées pour des raisons sanitaires) entre Clermont Ferrand, Saint Etienne, Grenoble et Lyon.

Je me suis rendu à la journée d’ouverture le 15 septembre. Les quarante-cinq auditeurs ont été accueillis à l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand par une adjointe au Maire, retenu par ailleurs selon la formule, et par le général Pellistrandi. J’ai suivi l’ensemble des activités jusqu’ à la fin des travaux d’organisation pratique. La semaine suivante s’est déroulée à Saint Etienne où j’ai été rejoint par notre vice- présidente Loire, Jocelyne Lemaitre, lors de l’ouverture de la seconde semaine.

Après une semaine de relâche, les travaux se sont poursuivis à Grenoble et la clôture de la SR219 s’est faite en deux temps, d’abord le 21 octobre pour la restitution des travaux de trois comités en présence du général-directeur Patrick Destremeau et le lendemain pour la restitution des travaux de deux comités en présence du directeur-adjoint de l’Ihedn, le préfet Denis Conus.
Une place par jour était réservée à l’AR14 ! Ainsi le secrétaire général a présenté l’AR14 le 21, et j’ai participé à la clôture et au pot de fin de session avec tous les nouveaux auditeurs le 22 octobre.

Les quarante-cinq auditeurs répartis en cinq comités ont beaucoup travaillé et se sont déclarés très satisfaits des conférences et de la qualité des conférenciers. Nous attendons de nouvelles adhésions.


Une fois encore la France paye très cher le prix qu’elle accorde à la liberté d’expression, à la liberté tout court. Si ce n’est pas dans les jours qui suivent l’assassinat de trois « fidèles » qu’il faut creuser davantage pour retrouver les racines du mal qui nous ronge et après que l’émotion ait baissé d’un cran, quand faudra-t- il le faire ? On pourra bien sûr chercher toutes les raisons qui ont conduit cet assassin (même si nombre de médias utilisent le vocable « jeune homme ») à perpétrer et diffuser une scène des plus horribles qui soient, tuer par décapitation dans un lieu sacré à trois personnes innocentes.

Je retiens que l’assassin n’est pas connu des services de police, qu’il est entré sur notre continent via Lampedusa, et que c’est dans la ville la plus dotée en caméras de surveillance que cet attentat a été perpétré. Sommes-nous au bout de nos moyens de coercition ?

Tous les chiffres possibles seront donnés pour indiquer que tout ce qui était possible de faire a été fait pour tenter d’en finir avec le crime au nom d’un dieu quel qu’il soit. Bien sûr, de nouveaux moyens seront déployés et c’est ce qu’il convient de faire.

Mais tout cela ne remplacera pas ce qui n’a jamais été fait depuis les indépendances à savoir, faire en sorte de rendre notre pays accueillant pour ceux qui choisissent de venir y vivre et qu’en retour cet accueil soit équilibré par un vouloir y vivre dans le total respect de nos lois républicaines.

Or, force est de constater, que ce n’est plus le cas pour une minorité – avec et sans papiers – qui l’est de moins en moins et qui répand autour d’elle la haine et la violence. En même temps nous pouvons observer que l’éducation nationale n’a jamais réussi à initier ce challenge qui consiste à non pas à intégrer les arrivants mais à faire en sorte que tous les apprenants découvrent et pratiquent la tolérance ce qui ne signifie nullement demande à répétition de « moyens supplémentaires ». Je n’émets qu’un avis personnel sur ce point, mais il me semble que l’éducation est une affaire de famille – au sein de la famille – tandis que l’instruction publique est une affaire régalienne en complément de la précédente. On a beau eu rogner jusqu’à l’os, le budget des armées après la chute du mur de Berlin pour en faire une variable d’ajustement, au profit d’autres budgets notamment « sociaux », force est constater à nouveau que si nous n’avons pas eu de guerre sur notre territoire au sens des deux grandes guerres du XXème siècle, d’autres formes de guerre sont apparues, bien plus insidieuses, car non conformes aux modèles en vigueur et elles se sont répandues ailleurs, quels que soient les noms dont on les qualifie. Nos ennemis comme le disait parfaitement un ministre de l’intérieur qui fit de beaux jours à un hebdomadaire satirique, viennent désormais, et justement, de l’intérieur.

Malheureusement, la déliquescence de l’éducation nationale n’est qu’un détail dans ce qui ressemble de plus en plus à une faillite morale après que la France eut éclairé le monde de ses lumières au grand siècle ! Depuis le virage politique du début des années 1980, quiconque entrevoit les effets de l’immigration quand elle n’est pas parfaitement maîtrisée est immédiatement traité de tous les noms. Il s’ensuit qu’au nom de la « bien-pensance » et du « politiquement correct », on a laissé faire et dénoncer un « danger » en lieu et place de ce qui aurait pu être une partie de la solution. Une des dernières livraisons du « Figaro Magazine » proposait un reportage sur les citadins qui quittent les grandes villes pour une meilleure qualité de vie. Dans le numéro suivant, on lit parmi des réactions de lecteurs : « quittez plutôt la France ! ». Cela reflète l’état d’esprit d’un nombre croissant de français qui respectent leur pays.

On peut aussi se demander où va l’économie du pays. Mais la Chine et les Émirats nous aideront sans doute à nous reconstruire…

La décolonisation ne me semble pas avoir été suivie d’une post décolonisation que je jugerais plus importante à réaliser de mon point de vue. On peut rendre responsable une classe politique et les gouvernements successifs qui, depuis cinquante ans, par égoïsme, ignorance, clientélisme électoral etc. et mauvais calculs politiques, ont entrainé notre pays vers un chaos qui petit à petit va se « dévoiler » aux yeux de chacun sans que personne ne soit épargné. Aujourd’hui on assassine les journalistes, on tue les prêtres dans l’exercice de leur sacerdoce, on exécute les civils dans les cafés, les restaurants, les salles de concerts, les superettes, sur des esplanades, sur des marchés de Noël, on décapite un professeur à la sortie du collège et des fidèles dans une basilique etc.

Si la COVID fait peur, je crains fort que la montée en puissance de ces actes d’horreur en nombre croissant ne soient au final bien plus destructrice pour le moral général. De là à penser que cette pandémie est un cache misère en ces temps d’incertitude ? Quand j’ai passé mon bac à l’apogée des trente glorieuses, je n’aurais jamais pensé qu’un jour, en France, être professeur ou sacristain d’église pussent être dangereux au point qu’on les décapitât ou égorgeât.

La situation actuelle doit nous inciter à prendre de la hauteur et à laisser de côté tout ce qui incite à l’individualisme qui a rendu la société trop dépendante des biens de consommation.

A la veille de l’hommage qui sera rendu à Monsieur Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, par toute la communauté enseignante, je crois que notre communauté IHEDN en général et AR14 en particulier a aussi le même devoir de mémoire à accomplir en observant une minute silence.

Si la défense a une connotation passive, je crois que nous devons désormais la rendre active.