Un avion “espion” russe survole le Loiret et une partie de la France

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Un avion "espion" russe survole le Loiret et une partie de la France

L’équipage russe aux commandes du Tupolev. @Photo adjudant Olivier Fortin © Orléans AGENCE

En toute impunité, un avion “espion” russe de type Tupolev 154MLK-1 a survolé

le Loiret, mais aussi le sud de la France, durant les derniers jours du mois d’août.

En toute impunité car en toute… légalité puisque cette incursion se déroulait dans

le cadre des accords internationaux du traité de maîtrise de l’armement “Ciel ouvert”.

Unique point d’atterrissage et de décollage français autorisé pour les avions étrangers dans le cadre de ce traité : la base aérienne d’Orléans-Bricy (choisie pour sa position centrale sur l’Hexagone). Elle a donc accueilli une délégation russe de dix-neuf membres ces derniers temps.

Précieux dans le cadre de la diplomatie

Comme l’explique l’adjudant-chef Arnaud, “ces vols, précieux en termes de diplomatie, se font dans le cadre de la réciprocité. Les Russes viennent deux à trois fois par an, comme notre équipage Ciel ouvert” va autant de fois chez eux”.

Dans une livrée aux couleurs russes, flanquée de la mention “Open sky”, l’appareil Tupolev 154MLK-1 (qui ressemble à s’y méprendre à un avion de ligne) s’est offert un vol d’observation durant cinq heures. Sur la base d’un plan de vol préalablement établi et scrupuleusement respecté, cap sur Bordeaux, le sud-ouest puis le sud-est de la France?! “A une altitude de 3.000 mètres, avec une résolution sol de trente centimètres”. C’est-à-dire que les caméras chargées de réaliser les clichés peuvent identifier une assiette au sol?! “A bord du Tupolev, Russes et Français sont réunis, ce qui rend le renseignement non opposable. De la même manière, des Russes embarquent dans l’avion tricolore”, ajoute l’adjudant-chef Arnaud.

En pleine crise sanitaire…

Cette mission s’est déroulée dans un contexte particulier lié à la crise sanitaire : l’ensemble de la délégation russe s’est conformée aux tests de dépistage du Covid-19?!

La section “Ciel ouvert” dispose d’installations spécifiques et indépendantes sur l’emprise de la base aérienne d’Orléans-Bricy. Les hôtes étrangers n’ont pas à être en contact direct avec les avions et installations opérationnelles français.

L’avion “espion” sur le tarmac de Bricy. @Photo adjudant Olivier Fortin

Une soixantaine de survols de la France

Acte diplomatique fort, le traité de maîtrise de l’armement “Ciel ouvert” vise à favoriser, entre autres, la coopération et la transparence entre les nations. Il compte trente-quatre pays signataires dont la zone géographique s’étend de Vancouver (Colombie britannique – province de l’ouest canadien) à Vladivostok (extrême-orient russe) et permet le survol de la totalité des territoires et la prise de photos aériennes à l’aide d’avions certifiés. Depuis sa mise en application en 1997, le traité “Ciel ouvert” fait état d’environ cent missions “actives” (survol par la France des pays étrangers) et d’une soixantaine de missions “passives” (survol de la France par les pays étrangers).

Philippe Ramond