Commémoration de la libération de Lyon

Hier se déroulaient place Bellecour à Lyon les cérémonies commémorant le 75e anniversaire de la libération de Lyon.

De nombreuses personnalités et une foule compacte assistaient à ce moment émouvant.

Toute l’après-midi, une exposition de matériels militaires évoquant la Résistance et l’armée de libération (armée américaine et troupes de la France Libre débarquées en Provence quelque quinze jours plus tôt) accueillaient un public nombreux, donc beaucoup de jeunes aux questions parfois déroutantes et quelques anciens qui retrouvaient de bons et parfois moins bons souvenirs de cette époque. Grâce aux associations de reconstitution qui maintiennent vivante cette mémoire de l’Histoire, le public retrouvait l’ambiance “été 44”, un moment fort de la vie du pays.

  Une quarantaine de véhicules des armées française libre et américaine étaient présentés : Jeeps, camions GMC, transports Dodge, Command-Car, ambulance... (Question d’une adolescente : c’est la voiture d’Hitler ? Réponse : non, pas tout à fait,… Nous avons rectifié et raconté la vraie histoire)

(les Andrew Sisters ? Non, des lyonnaises en mode ’44) 

Un défilé à pied et motorisé parcourait ensuite la presqu’île de Bellecour à l’Hôtel de Ville au milieu d’une foule dense : un moment crucial pour ancrer la mémoire de la fin de l’occupation allemande…

© C. REVILLE – Photos : CR et 

Demain le 5 septembre : cérémonie de commémoration de la Libération de Lyon 8ème.

Téléchargez l’invitation ici.

Zoom 

La libération de Lyon le 3 septembre 1944

Le 3 septembre 1944, la première Division de la France Libre entre dans Lyon, soutenue par la 36e Division d’Infanterie américaine et par les Forces Françaises de l’Intérieur. Son chef, le Général Diego Brosset s’empare de l’Hôtel de Ville, symbole des libertés municipales. Lyon est libérée !

75 ans plus tard, la Ville de Lyon célèbre ce grand moment de son histoire en rendant hommage à tous ceux qui se sont sacrifiés pour sa liberté. Exposition de véhicule, défilés, discours et dépôts de fleurs ont ponctués la journée du 3 septembre. La place Bellecour a servi de point central de mémoire avec l’aide d’une association de reconstitution historique dont les membres avaient revêtu des uniformes d’époque.

Le 15 août 1944, les Alliés débarquent en Provence. Les FFI de chaque département passent à l’action pour faciliter l’avance des troupes alliées et participer à la Libération. Les 22 et 23 août, les FFI du Rhône (sous les ordres du commandant Basset “Mary”) accrochent des colonnes ennemies venant de Roanne et Tarare.

Entre le 24 et le 26 août, la population érige des barricades dans Villeurbanne avec l’appui des FTP. La réaction allemande provoque de nombreuses victimes.

Du 27 au 29 août, des barricades sont dressées à Oullins, dans la banlieue sud de Lyon. Le 28 août, Grenoble est sous le contrôle des FFI, quand l’avant-garde du 6e corps d’armée américain y parvient. Les troupes FFI prennent alors la direction de Lyon.

Le 2 septembre, les Allemands évacuent Lyon, et mettent en œuvre la destruction méthodique des ponts, ceux du Rhône en premier dans la journée, puis ceux de la Saône dans l’après-midi. Les maquisards du Cdt Bousquet “Chabert”, partis de Bourgoin, atteignent la rive gauche et la Préfecture à Lyon dans l’après-midi. Le Commissaire de la République Yves Farge s’y installe.

Des éléments de la 1ère DB (général Touzet du Vigier) et de la 1ère DFL (général Brosset) entrent à Lyon le 3 septembre. Le général Brosset, arrive à l’Hôtel de ville au volant de sa jeep : Lyon est libérée. Au soir Anse et Villefranche sont libérées avec l’aide des FFI du Rhône.

Le 5 septembre, le général de Lattre de Tassigny arrivé à Lyon, en compagnie du général Brosset passe en revue place Bellecour les unités qui ont participé à la Libération de Lyon (éléments de la 1ère DFL, FFI, FTP) et nomme le lieutenant-colonel Descour gouverneur militaire de Lyon.

Grâce à l’aide des FFI, il n’a fallu que 19 jours pour libérer Lyon, alors que le général Patch estimait ce délai à trois mois depuis le débarquement.

Source : Marcel Ruby, Lyon et le Rhône dans la guerre, Horvath, 1990

Jean-Pierre TROADEC