Il y a 75 ans : le coup d’envoi de la Libération du territoire national

Toutes les autorités et toute la nation sont mobilisées pour cet évènement.

Les cérémonies sont accessibles en direct en en différé sur toutes les chaînes de télévision. Nous n’en dirons pas plus.

Aujourd’hui nous voudrions souligner le rôle important dans la préservation de la mémoire, notamment auprès des jeunes, des associations de collectionneurs et de “reconstituteurs” qui, bénévolement, sur leurs propres deniers et sur leur temps libre, perpétuent l’histoire vivante.

Présents aux commémorations, sur des salons, lors de meetings aériens ou de rassemblements sur les lieux emblématiques des grandes batailles du passé, ces passionnés communiquent au public leur enthousiasme et contribuent à renseigner et enseigner la Grande Histoire.

En particulier, l’exemple du H.P.A. (History Preservation Associates – MVCG Centre-Est) qui fédère dans notre région plusieurs associations de passionnés : une petite équipe qui anime un musée vivant de la seconde guerre mondiale. Ils ont fait le voyage, en trois jours, depuis notre région jusqu’aux plages normandes pour participer, accompagnés d’autres associations de toute la France et de pays limitrophes, aux défilés, présentations et commémorations organisée cette année. Avec armes et bagages, c’est le cas de le dire : 24 valeureux héros et leurs véhicules.

Jugez vous-même :




 

(crédit photo : H.P.A. -MVCG Centre-Est)

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75ème anniversaire du D DAY. Au
moment où l’on fête le 75ème anniversaire du
débarquement en Normandie, il nous a parut utile de faire un retour
historique de ce que fut le « jour le plus long » et
comment se déroula l’opération Overlord.


LE DÉBARQUEMENT DE NORMANDIE – L’OPÉRATION
OVERLORD

 e Débarquement en Normandie, baptisé Overlord, est la
plus grande opération militaire de l’Histoire, tant par sa
complexité que par l’ampleur des moyens mis en oeuvre. Son idée
émerge dès 1942, mais sa planification ne débute qu’en janvier
1944, après la décision prise le 1er décembre 1943, à la
conférence de Téhéran, par Winston Churchill, Franklin Roosevelt
et Joseph Staline lors de la conférence de Téhéran. Sa mise en
œuvre est confiée au général américain Dwight David Eisenhower.


Le lieu du débarquement est l’un des secrets les mieux gardés de
la guerre. Alors que des opérations de diversion poussent les
Allemands à s’attendre à un débarquement au nord de la Seine, le
commandement allié choisit les plages du Calvados et de la Manche.

La date est incertaine jusqu’au dernier moment, le fameux OK,
let’s go !
lancé par le général Eisenhower dans la nuit du 4
au 5 juin, après qu’on lui eut annoncé l’ouverture d’une fenêtre
météo favorable pour le lendemain. Dans la nuit du 5 au 6 juin, une
imposante flotte quitte les ports de la côte anglaise et galloise
pour se regrouper en un point situé au milieu de la Manche, appelé
laconiquement Picadilly Circus.

La même nuit, 23 000 parachutistes américains et britanniques
sautent respectivement sur le Cotentin et dans le pays caennais. Des
planeurs transportent hommes, jeeps, mitrailleuses lourdes et armes
antichars. Tandis que 3 467 bombardiers lourds et 1 645 bombardiers
moyens déversent leurs bombes contre les défenses côtières
allemandes avec un succès très relatif. Pendant ce temps, la BBC
diffuse une série de messages personnels destinés à la résistance
française pour lancer les opérations de sabotage de grande
envergure contre les voies et les moyens de communication.

Au petit matin du 6 juin, l’armada du débarquement, composée de 1
200 bâtiments de guerre et de 5 700 navires de transport, précédée par un écran de 277 dragueurs
de mines, approche des côtes. À 4h15, les troupes commencent à
être transbordées sur les chalands. À 5h45, les canons des navires
de guerre ouvrent le feu. À 6h30, le Débarquement commence à 6h30
dans le secteur américain et 7h30 dans le secteur britannique (en
raison de l’horaire des marées).

Les trois premières marées voient débarquer à l’aube 130 000
hommes, essentiellement américains, britanniques (parmi lesquels les
177 français du commando Kieffer) et canadiens. Ils prennent pied
sur cinq plages situées entre Quinéville, dans la Manche, et
Colleville-sur-Orne (devenue CollevilleMontgomery), mitoyenne de
Ouistreham, dans le Calvados : la 1re armée américaine sur les
plages d’Utah et Omaha, la 2e armée britannique sur
les plages de Gold, Juno et Sword.

Au soir du 6 juin, l’opération Overlord est un succès.
Cependant, les Alliés déplorent la perte de 10 000 hommes, morts,
blessés ou disparus, dont un quart sur la seule Omaha et un
autre quart pour les 82e et 101e divisions aéroportées américaines.
Ils tiennent plusieurs têtes de pont d’une dizaine de kilomètres de
profondeur. La terrible bataille de Normandie débute.

À la fin du mois de juillet 1944, 1 500 000 hommes auront pu
débarquer en Normandie. De leur côté, les Résistants, en alerte
dès le 6 juin et déjà aux prises avec les Allemands dans certains
secteurs alpins, participent également à l’opération de
libération de la France en renseignant, en guidant ou menant des
opérations armées. Au matin du 15 août 1944, entre Cavalaire et
Saint-Raphaël, commence l’opération Dragoon, nom de code
du débarquement en Provence. Les Résistants participent à la
libération de la Provence, notamment en guidant les forces armées
américaines et françaises.

Jean-Pierre TROADEC

CARTE ET
CHRONOLOGIE DE L’OPÉRATION OVERLORD

2 juin

OpérationGambit :
les sous-marins de poche X20 et X23, chargés de baliser la zone de
débarquement britannique quittent Portsmouth.5
juin

04h30 :OK, let’s go,
le général Eisenhower lance l’opérationOverlord.

21h15 : la BBC diffuse les 210 “messages
personnels” destinés à la Résistance française pour lancer
les actions visant à paralyser les voies et moyens de communication
allemands.

22h00 : lancement de l’opérationNeptune,
le volet naval de l’opérationOverlord.

22h15 : décollage des premiers appareils avec à leur
bord les parachutistes des 82eet 101edivisions
aéroportées américaines et de la 6e division aéroportée
britannique.

6 juin

00h05 – 00h15 : parachutage des éclaireurs de la 6e
division aéroportée britannique, et des 82eet 101e divisions aéroportées
américaines.

00h50 : prise des ponts de Bénouville et de Ranville
(6edivision
aéroportée britannique).

01h30 : parachutage de la 101eaéroportée à Sainte-Mère-Église et de la 82eaéroportée de part et d’autre du Merderet.

03h14 : début du bombardement aérien contre les
défenses côtières.

05h00 : arrivée de la flotte devant les plages.

05h20 : ouverture du bombardement naval dans le secteur
britannique.

06h30 : début du débarquement surUtah
etOmaha.

07h00 – 07h25 – 07h45 : début du débarquement surSword, Gold et Juno.

09h00 : sur le croiseurAugusta,
le général Bradley a le sentiment que ses troupes ont subi une
défaite irréversible surOmaha ;
il envisage un moment de rembarquer les troupes.

09h33 : la BBC annonce le Débarquement.

LES CHIFFRES CLÉS DU DÉBARQUEMENT

Troupes débarquées

150 000 hommes engagés en Normandie le 6 juin 1944

1 500 000 hommes ont débarqué en Normandie à la fin juillet 1944

Forces alliées

  • Forces aériennes : 3 467
    bombardiers lourds ; 1 645 bombardiers moyens, légers et
    torpilleurs ; 5 409 chasseurs ; 1 037 transports ; 900 planeurs.

  • Forces navales : 15
    navires-hôpitaux avec à leur bord 8 000 médecins ; 1 200
    bâtiments de guerre ; 5 700 navires de transport (dont 4 266
    Landing Ships et Landing Crafts) ; 277 dragueurs de
    mines ; 2 sous-marins de poche baliseurs pour indiquer aux forces
    britanniques et canadiennes les abords de Juno et Sword.

  • Forces terrestres : 130 000
    hommes ; 1 500 chars ; 5 000 véhicules blindés ; 3 000 canons ; 10
    000 autres véhicules.

Défenses allemandes

  • Environ 200 000 obstacles répartis
    du large aux dunes dans la zone d’Overlord :

  • 2 011 blockhaus (dont 79 en voie
    d’achèvement et 289 en construction à la veille du débarquement)
    ;

  • 4,5 millions de mines ;

  • 123 721 pieux en bois, en béton
    ou en profilés ;

  • 9 075 tétraèdres en béton ; 6
    631 éléments Cointet ;

  • 32 461 trépieds en profilés
    et 23 358 obstacles divers (herses, cubes de béton, caissons
    métalliques).

Pertes humaines

Pertes militaires le 6 juin (tués, blessés, prisonniers)

Américains plus de
6 500

Britanniques,
Canadiens et autres Alliés
environ 3 500

Allemands entre 4
000 et 9 000

Au soir du 6 juin 1944, on dénombrait plus de 3 000 morts alliés et
près de 3 000 pertes civiles parmi la population normande.

Fin juillet 1944, la bataille de Normandie a fait 600 000 victimes,
(tués, blessés, prisonniers). Parmi elles, 200 000 Allemands, 37
000 alliés et 20 000 civils bas-normands ont laissé la vie.

Sources documentaires : ministère
des armées

Et pour votre information, téléchargez ici le dossier de presse officiel des commémorations : Trente pages de mémoire, de témoignages, de …

Jean-Pierre TROADEC