Audition du MGAT devant la commission de la défense nationale et des forces armées

Texte intégral ici, et résumé :En introduction :

– AdT fait bloc avec la Nation sur l’ensemble des missions qui lui sont confiées en particulier avec l’opération Sentinelle

– nos militaires sont fiers de remplir cette mission

– renforcement des liens entre la Nation et son armée professionnelle

– sauvegarde du territoire = continuum sécurité-défense

– décision du PR pour le maintien de l’opération Sentinelle

– nécessité de garder la garde haute face aux menaces actuelles

– nécessité de conserver un équilibre entre les missions et les moyens= défi majeur

– une réponse pour l’AdT = nouveau modèle « au Contact » cad au contact des Français sur le TN et l’adversaire qui s’y trouve

– aujourd’hui niveau et taux d’emploi hors- norme dans et hors des frontières

Deux parties traitées par le MGAT :

1/ enseignements sur le déploiement de l’AdT dans le cadre de l’opération Sentinelle

2/ la fonction protection au cœur de notre pays


Sur l’opération Sentinelle et le déploiement de l’AdT :

– réactivité conséquente de la chaîne de commandement des FT et des soldats = maîtrise de la projection/ professionnalisation intense

– nécessité de maintenir la chaîne de commandement territorial interarmées= robustesse, connaissance

– qualité du soutien interarmées = défi logistique relevé, pertinence de la conservation de certaines emprises (accueil, stockage) ainsi que services

– excellent comportement de nos soldats= professionnalisme, cohésion, courage, discernement, éthique, polyvalence, neutralité et initiative

– plus-value de notre réserve opérationnelle

– pas d’inquiétude sur les capacités de nos soldats à basculer dans des OP sur le TN grâce à la maîtrise de savoir- faire et expérience opérationnelle

Pour conclure cette première partie, L’armée de terre entre dans une nouvelle ère qui accélère encore son rythme de respiration, impliquant de trouver un nouvel équilibre entre opération extérieure, opération intérieure et les indispensables périodes de préparation aux opérations, de remise en condition de formation et d’entraînement.

Sur la fonction Protection :

– une priorité pour l’armée de terre qui reste par essence l’armée du territoire et des Français avec des moyens importants (permanents ou non).

– l’armée de terre conduit simultanément deux volets essentiels de sa mission : la protection et l’intervention

– Nous sommes en mesure de remplir ces deux volets, mais au prix de notre capital opérationnel, sans laisser le moindre espace de respiration pour la remise en condition, avec le risque de fragiliser la fidélisation des effectifs sachant que l’absence hors garnison pourrait être d’un jour sur trois voire un jour sur deux. La décision de prolonger l’opération Sentinelle dans la durée fait sortir l’armée de terre du cadre des contrats pour lesquels elle a été dimensionnée.

– la complémentarité entre la défense de l’avant et la défense au-dedans reste vitale. Le chef militaire que je suis considérerait comme une erreur stratégique de circonscrire notre défense et de rétrécir nos ambitions aux stricts contours de nos frontières.

– « Je n’envisage pas un avenir très radieux pour une société qui n’aurait plus la volonté ou la force de combattre ceux qui cherchent à détruire les valeurs qui la font vivre, le combat fût-il à livrer à 4 000 kilomètres de distance. Ce constat appelle un impératif : maintenir les moyens et les effectifs dont nous avons besoin pour conduire à la fois des opérations extérieures dont l’intensité va croissante et les opérations du territoire national, dont nous ne connaissons pas aujourd’hui les évolutions. »

– Nous considérons généralement que la protection passe par des dispositifs de surveillance changeants et imaginatifs, qui créent l’incertitude chez l’adversaire. Une plus grande mobilité permettrait de mieux rentabiliser les atouts spécifiques des forces terrestres. On pourrait ainsi réfléchir à l’emploi sur réquisition de capacités de types équipes cynophiles, modules NRBC ou drones, ou à l’utilisation des savoir-faire relatifs à la surveillance d’une zone.

– l’armée de terre doit réinventer son cycle opérationnel. Il s’agit d’organiser un nouveau mode de fonctionnement qui permette d’éviter l’asphyxie car le taux de rotation de nos effectifs est aujourd’hui trop élevé. Entre janvier et juin, 14 000 soldats auront effectué deux rotations Sentinelle de plus d’un mois et demi. À cette cadence, nos unités alterneront bientôt les opérations extérieures et les opérations intérieures avec trop peu de temps entre les deux pour pouvoir se régénérer, c’est-à-dire s’instruire, s’entraîner et se remettre en condition.

– l’armée de terre estime qu’il lui faut une force opérationnelle terrestre (FOT) à 77 000 pour tenir ses contrats dans la durée, en incluant l’opération Sentinelle, sans obérer ni la préparation opérationnelle et ni les remises en condition au retour d’engagement.

– Les réserves apportent une contribution opérationnelle de premier plan dont l’intérêt est parfaitement reconnu par l’armée de terre. Nécessité de montée en puissance. Valorisation d’une deuxième réserve, dite de deuxième niveau. Volonté de gérer les contraintes des réservistes vis-à-vis de leur employeurs. Carte de l’implantation régionale de la réserve à revoir.

– participation de l’AdT à la cohésion nationale avec la mise en place du SMV = véritable outil d’insertion professionnelle et sociale avec une éducation citoyenne. Pas de volonté de recréer un service national obligatoire (fortes contraintes logistiques).

– passage à l’évolution de cette loi de finances, d’une phase de compression, on passe à une phase de maintien voir d’augmentation.

Autres questions soulevées :

– remplacement de certains matériels
– coût des OPEX
– quid de l ‘Europe de la défense
– coût d’un soldat
– effectifs et les véritables besoins (articulation forces conventionnelles et forces spéciales)
– SPT
– difficultés de fonctionnement des bases de défense
– formation et condition de recrutement